Référentiels ESG en 2026 : lesquels choisir selon votre entreprise et vos priorités ?

Trop de référentiels ESG, pas assez de lisibilité
CSRD, ESRS, VSME, Mid-Caps SRS, EcoVadis, Bilan Carbone®, SBTi, CDP, normes ISO… En 2026, les entreprises évoluent dans un paysage ESG de plus en plus dense, où coexistent cadres réglementaires, référentiels de marché et standards volontaires.
Les échanges menés lors des Cafés ESG organisés par ILKO font ressortir une difficulté récurrente : le sujet n’est plus de savoir s’il faut structurer sa démarche ESG, mais sur quels référentiels s’appuyer, dans quel ordre, et pour répondre à quelles priorités concrètes (clients, audits, finance, climat, gouvernance…).
Cet article propose un décryptage structuré des principaux référentiels ESG en 2026, avec une logique simple : vous aider à choisir selon votre type d’entreprise et vos objectifs.
1. Avant de choisir un référentiel ESG, clarifiez vos priorités
La plupart des “mauvaises” décisions de référentiels viennent d’un piège classique : vouloir tout faire en même temps (réglementation + clients + climat + labels + due diligence).
Résultat : empilement, surcharge, et perte de lisibilité.
En pratique, les référentiels ESG servent quatre grandes priorités :
- Conformité (répondre à une exigence réglementaire).
- Business / clients (référencements fournisseurs, appels d’offres, audits ESG).
- Pilotage interne (structurer une démarche, gouvernance, indicateurs).
- Focus thématique (climat, chaîne d’approvisionnement, droits humains, etc.).
En 2026, la maturité ESG repose moins sur l’exhaustivité que sur l’articulation cohérente de quelques cadres réellement utiles.
2. Les référentiels réglementaires : ce qui s’impose (ou structure fortement) votre approche
CSRD (et ESRS) – Le cadre européen de reporting de durabilité
La CSRD est la directive européenne qui renforce et standardise le reporting de durabilité. Elle s’appuie sur les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) pour structurer les informations à publier.
Qui est concerné ?
Les seuils et le calendrier dépendent du statut (coté/non coté, groupe, etc.) et évoluent dans le cadre des discussions de simplification. Pour éviter toute approximation, retenez l’idée opérationnelle suivante :
- pour les grandes entreprises, la CSRD/ESRS reste la référence de conformité ;
- pour les entreprises “intermédiaires”, le sujet devient souvent “que faire si je ne suis plus strictement dans le champ obligatoire, mais que mes parties prenantes l’exigent quand même ?”.
👉 C’est précisément ce “vide” qu’adressent les standards volontaires structurés (VSME / Mid-Caps SRS).
CSDDD – Devoir de vigilance (niveau européen)
La CSDDD (directive sur le devoir de vigilance) renforce l’exigence de diligence raisonnable sur la chaîne de valeur : identification, prévention, atténuation des risques et impacts (droits humains et environnement).
Dans la pratique, même quand une entreprise n’est pas directement dans le périmètre, elle peut être sollicitée via ses donneurs d’ordre (exigences de chaîne d’approvisionnement).
3. Les standards volontaires “reporting” en 2026 : VSME et Mid-Caps SRS (le vrai sujet des ETI)
VSME – Le standard volontaire pensé pour les PME (< 250 salariés)
Le VSME (EFRAG) est un standard volontaire destiné aux entreprises de moins de 250 salariés qui veulent structurer un reporting ESG proportionné, aligné sur la logique des ESRS mais simplifié.
Quand le VSME est pertinent :
- vous n’êtes pas soumis à la CSRD, mais vos clients vous demandent des infos ESG,
- vous voulez une base structurée (et réutilisable) pour questionnaires, audits, investisseurs,
- vous cherchez un cadre “suffisant” sans créer une usine à gaz.
Ce que vous gagnez :
- une structure claire,
- une discipline de collecte d’informations,
- une meilleure cohérence des réponses à vos parties prenantes.
Mid-Caps SRS – Le standard volontaire conçu pour les ETI / mid-caps
Le Mid-Caps SRS est une initiative collaborative portée par #WeAreEurope, conçue spécifiquement pour les mid-caps / ETI qui se retrouvent souvent entre deux mondes :
- le VSME, jugé parfois trop “entrée de gamme” pour leurs enjeux,
- les ESRS, jugés trop lourds et coûteux à déployer.
Selon #WeAreEurope, il vise les mid-caps d’environ 250 salariés à quelques milliers.
Ce qui caractérise le Mid-Caps SRS :
- la double matérialité comme point de départ ;
- une structure opérationnelle en 7 chapitres (climat, pollution, eau, biodiversité, ressources, social, gouvernance & relations parties prenantes) ;
- un niveau d’exigence “entre VSME et ESRS”, avec environ 170 points de données (qualitatifs et quantitatifs) ;
- un déploiement à partir de septembre 2025 et une adoption via des plateformes ESG (indications publiques sur l’écosystème).
Quand le Mid-Caps SRS est pertinent :
- vous êtes une ETI / mid-cap (souvent 250–1000 salariés, parfois au-delà),
- vous avez déjà une maturité ESG (ou des exigences clients/investisseurs fortes),
- vous voulez produire un reporting volontaire crédible, comparable et pilotable, sans supporter le coût d’un ESRS complet.
Ce que vous gagnez :
- une continuité “type CSRD” (logique ESRS, matérialité, chapitres structurés),
- un cadre dimensionné pour vos ressources,
- un reporting plus “opposable” vis-à-vis des parties prenantes qu’un assemblage de réponses ad hoc.
4. Les référentiels “marché” : répondre aux clients, donneurs d’ordre et audits ESG
EcoVadis – Notation ESG très utilisée dans les relations fournisseurs
EcoVadis est une notation ESG utilisée par de nombreux donneurs d’ordre pour évaluer leurs fournisseurs. Même volontaire, c’est souvent une exigence commerciale (référencement, appels d’offres, contrats).
Quand c’est prioritaire :
- vos clients vous le demandent explicitement,
- vous êtes dans une chaîne d’approvisionnement structurée (industrie, distribution, services B2B…),
- vous subissez des audits ESG récurrents.
Point clé terrain : ce qui fait gagner du temps (et des points) est rarement “faire plus”, mais mieux formaliser (preuves, politiques, indicateurs, traçabilité).
CDP – Déclaration environnementale attendue par des investisseurs / partenaires
Le CDP (climat, eau, forêts) sert surtout la transparence environnementale, en lien avec les investisseurs et certaines chaînes de valeur. Il est à considérer si vous avez une pression “finance / investisseurs” ou une exposition environnementale forte.
5. Les cadres climat : quand votre priorité est la trajectoire de réduction
Bilan Carbone® / GES – Mesurer pour piloter
Le Bilan Carbone® (et plus largement les inventaires GES) sert à mesurer vos émissions, identifier les postes majeurs et construire un plan de réduction. C’est la base “pilotage” d’une stratégie climat crédible.
SBTi – Cadrer des objectifs climat alignés science
La SBTi fournit un cadre pour fixer des objectifs de réduction alignés avec la science (notamment via son Corporate Net-Zero Standard) et pour les soumettre à validation.
6. Les normes ISO et labels : structurer la démarche en interne (sans forcément faire du reporting)
ISO 14001 / ISO 50001 / ISO 26000…
Les normes ISO sont des cadres de management : elles aident à structurer des processus, responsabilités, revues, amélioration continue. Elles sont particulièrement utiles quand votre enjeu est de rendre la démarche robuste (multi-sites, multi-équipes, exigences clients).
B Corp
B Corp est un cadre et un label volontaire d’engagement global (social, environnement, gouvernance). Il est à considérer si votre priorité est une démarche d’impact “marque / employeur / long terme”, plutôt qu’un reporting demandé par un donneur d’ordre.
7. Mini récapitulatif : quel référentiel ESG selon votre entreprise et vos priorités ?
Si vous êtes une PME (< 250)
- Priorité “structurer sans complexifier” → VSME
- Priorité “clients / référencement” → EcoVadis (si demandé)
- Priorité “climat” → Bilan GES / Bilan Carbone®, puis éventuellement trajectoire
Si vous êtes une ETI / mid-cap (souvent 250–1000, parfois au-delà)
- Priorité “reporting volontaire crédible, dimensionné” → Mid-Caps SRS (#WeAreEurope)
- Priorité “clients / appels d’offres” → EcoVadis + structuration des preuves
- Priorité “investisseurs / environnement” → CDP + trajectoire climat
- Priorité “robustesse organisationnelle” → ISO (process, gouvernance, amélioration continue)
Si vous êtes un grand groupe
- Priorité “conformité / comparabilité” → CSRD/ESRS (si applicable) + dispositifs internes
- Priorité “chaîne de valeur” → vigilance / due diligence (CSDDD et attentes associées)
- Priorité “finance / risques” → cadres climat/risques en articulation avec stratégie
En 2026, la bonne question n’est pas “quel référentiel”, mais “quel objectif”
Les Cafés ESG montrent que la question clé n’est pas quel référentiel choisir, mais pour quel objectif.
- Si votre enjeu est la conformité, vous vous alignez sur les cadres réglementaires applicables.
- Si votre enjeu est le business, vous structurez vos réponses autour des référentiels attendus par vos clients.
- Si votre enjeu est la cohérence interne, vous choisissez un standard proportionné et réutilisable.
- Si vous êtes une ETI/mid-cap, le vrai sujet 2026 est souvent de disposer d’un cadre “entre deux” : assez exigeant pour être crédible, assez pragmatique pour être soutenable, et c’est précisément la promesse du Mid-Caps SRS.
Pour aller plus loin, posez vos questions à un expert ILKO : les Office Hours
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